Exposition de Lena Durr – Sygollomanie – du 15 Avril au 10 Juin 2017

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Sygollomanie

La collection fait partie de moi. Enfant, je ne jetais aucun des objets que je possédais ou trouvais. Je suis très attachée à leur présence et à ce qu’ils me renvoient, j’aime les avoir sous les yeux.
Il y a dans la démarche de collectionner l’idée de garder pour soi une partie du monde, de faire l’inventaire d’un fragment d’univers en vue d’une appropriation. Retenir dans le présent pour le futur, les éléments d’une période passée. Les objets que je collectionne sont liés de près aux personnes auxquelles ils ont appartenu (croyance, adoration, enfance, passe-temps, passion, vie…), ce qui leur procure une présence et une force particulière. J’attache une grande importance à l’origine de ces objets, à leur vie antérieure, à leur histoire. Je ne suis pas en quête de l’objet le plus unique que je pourrais trouver mais plutôt à la recherche d’une certaine quantité plus proche de l’abondance que de l’exclusivité. Collectionner est une façon d’accumuler, de rassembler et d’organiser avec passion.

Les œuvres que je propose trouvent leur origine dans ma collection d’objets émanant de la culture populaire, qui témoigne non seulement de la dérive vers une société de consommation qu’elle subit depuis la deuxième guerre mondiale mais aussi de sa résistance. Je rends compte de celle-ci dans une série de livres d’artiste qui montrent, de façon ordonnée et exhaustive, les différents objets qui la constituent. C’est dans ces collections que je puise l’essentiel des éléments qui contextualisent mes installations et mes mises en scène photographiques. Si l’on pourrait croire un instant à du reportage, on se rend vite compte que tout est factice. Ce sont des mises en scène où tout est pesé : les modèles et les lieux, qui ont fait l’objet de castings et de repérages, ainsi que les objets qui les entourent et qui les peuplent. Ancré dans cette tension entre culture populaire et culture savante, entre cité et campagne, entre l’adolescence et l’âge adulte, c’est un travail qui se place en lisière; à la fois dans cet espace liminal des villes mais aussi en marge des cadres normatifs de la société actuelle.

Dans un travail plus récent, j’utilise le ré-enactement photographique d’œuvres iconiques dans l’histoire de l’art que je réactualise en questionnant les notions de normes et de marges.

 

 

The collection is part of me. As a child, I did not throw any of the things I owned or found. I am very attached to their presence and what they mean to me, I like to have them in front of me. There is in the process of collecting, the idea of keeping a part of the world for oneself, of taking an inventory of a fragment of the universe with a view to its appropriation. To retain in the present for the future, the elements of a past period. The objects I collect are closely related to the people they belonged to (belief, adoration, childhood, hobbies, passion, life …), which gives them a presence and a special strength.

I attach great importance to the origin of these objects, their former life, their history. I’m not looking for the most unique object I could find but rather looking for a certain amount closer to abundance than exclusivity. Collecting is a way to accumulate, gather and organize with passion. The works I propose find their origin in my collection of objects emanating from popular culture, which testifies not only to the drift towards a consumer society that it undergoes since World War II but also of its resistance. I account for it in a series of artist’s books which show, in an orderly and exhaustive manner, the different objects that constitute it. It is in these collections that I draw most of the elements that contextualize my installations and my photographic staging. If one could believe for a moment in reporting, one quickly realizes that everything is artificial.

These are staged where everything is weighed: the models and places, which have been the subject of castings and locations, as well as the objects that surround them and which populate them. Anchored in this tension between popular culture and learned culture, between city and country, between adolescence and adulthood, it is a work that takes place on the edge; both in this liminal space of cities but also on the margins of the normative frameworks of today’s society.

In a more recent work, I use the photographic re-arrangement of iconic works in the history of art, which I update by questioning the notions of norms and margins.

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